Actualités santé
Pierre-Yves Carlier
Publié le 31/07/2026
Tags(s): Guyane - santé périnatale - natalité - grossesse - Santé publique France - suivi prénatal - femmes enceintes - nouveau-nés - prématurité - allaitement - maternité - dépistage néonatal - drépanocytose - santé maternelle - prévention.
La Guyane a enregistré un peu plus de 6 500 naissances l’an dernier. Un chiffre en baisse depuis une douzaine d’années. Malgré cette diminution, le territoire conserve un taux de natalité élevé, avec 23,5 naissances pour 1 000 habitants, soit le deuxième taux le plus important de France, derrière Mayotte.
Au début du mois, Santé publique France a publié un état des lieux complet consacré à la santé des femmes enceintes, des fœtus et des nouveau-nés, de la grossesse jusqu’au post-partum. L’objectif : fournir des données utiles pour orienter les politiques publiques. Les actions de promotion de la santé menées avant, pendant et après la grossesse figurent en effet parmi les leviers les plus efficaces pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
En Guyane, la situation périnatale reste marquée par plusieurs défis : une forte natalité, des grossesses souvent précoces, un suivi prénatal encore insuffisant pour prévenir certaines pathologies et complications, ainsi que des taux de mortalité néonatale et infantile parmi les plus élevés des régions françaises.
Le territoire présente toutefois plusieurs indicateurs favorables. Les femmes enceintes y fument moins qu’ailleurs, les accouchements par voie basse sont plus fréquents, les complications liées à l’accouchement moins nombreuses, et l’adhésion au dépistage des maladies rares et graves est meilleure. La pratique de l’allaitement y est également davantage répandue.
Une femme sur huit qui accouche en Guyane a moins de 20 ans, soit une proportion six fois supérieure à celle observée au niveau national. Ces grossesses précoces, notamment chez les adolescentes, augmentent les risques pour l’enfant à naître, avec davantage de risques de faible poids de naissance, de prématurité ou encore d’anomalies congénitales. Elles peuvent aussi fragiliser le parcours des jeunes mères, en favorisant l’isolement social et le décrochage scolaire, et contribuer au maintien des inégalités liées au genre.
Autre difficulté : en Guyane, les grossesses sont moins souvent désirées ou planifiées et font l’objet d’un suivi moins régulier. Pourtant, la prise de folates avant la conception, la préparation à la grossesse et un accompagnement médical de qualité tout au long de celle-ci constituent des leviers essentiels pour limiter les risques maternels et néonatals.
Les conséquences d’un suivi insuffisant sont notamment visibles dans le dépistage du diabète gestationnel : seules trois femmes enceintes sur cinq en bénéficient, alors qu’il devrait être proposé systématiquement, y compris en l’absence de facteur de risque. Les troubles de la tension artérielle, plus fréquents qu’ailleurs, nécessitent également une détection précoce, car ils peuvent entraîner des complications graves pendant la grossesse.
Parmi les éléments positifs, la Guyane affiche une proportion plus faible de femmes enceintes fumeuses, ainsi qu’un recours moins fréquent aux césariennes et moins de complications lors de l’accouchement.